Face à l’augmentation du coût des énergies fossiles, la cherté de l’entretien auto et les restrictions de circulation routière, de nombreux automobilistes se demandent s’il n’est pas possible de convertir le moteur thermique de leur voiture par un électromoteur. Bonne nouvelle : depuis 2020, la loi autorise cette pratique qui a même bénéficié d’un nom, le « rétrofit ».

Le principe du rétrofit

Conserver sa voiture essence ou diesel tout en profitant des avantages de l’électrique. C’est la possibilité offerte par le « rétrofit », une opération ayant pour but de remplacer le moteur thermique du véhicule par un moteur électrique. Si auparavant ce procédé soulevait de nombreuses questions du point de vue règlementaire, désormais, tout a été éclairci. Depuis avril 2020, il est devenu légalement possible de réaliser la conversion pour toutes les voitures particulières, les utilitaires légers, les bus, les camions, les autocars et les deux et trois roues motorisées.

L’opération s’avère relativement complexe et nécessite l’intervention de trois acteurs : le fabricant de l’électromoteur, l’installateur et un agent de l’UTAC CERAM chargé de valider le prototype et de délivrer un certificat de conformité qui sera nécessaire pour mettre à jour la carte grise auprès de la préfecture. La première phase consiste à retirer tous les éléments qui ne seront plus utiles tels que le moteur, le système de refroidissement, le réservoir de carburant ou encore le pot d’échappement. Pour des raisons pratiques et économiques, la boîte de vitesse peut être conservée. Une fois cette étape achevée, il est temps de monter la nouvelle architecture à savoir l’électromoteur, la batterie ou la pile à combustible à hydrogène, les éléments électroniques et le chargeur. Attention, la règlementation impose que le rétrofit n’engendre pas une hausse de plus de 65 à 100% de la puissance d’origine de la voiture, une augmentation de ses dimensions et une hausse supérieure à 20% sur son poids.

Les avantages et inconvénients du rétrofit

Le rétrofit a ses atouts, mais aussi ses limites. Au titre des avantages, on cite la réduction de l’empreinte écologique. Faut-il encore rappeler l’intérêt de rouler propre ? Le secteur du transport est le plus polluant au monde et équiper son véhicule d’un électromoteur permet de réduire les rejets de CO2 et de particules fines dans l’air. Avec le rétrofit, non seulement l’automobiliste peut garder son ancienne voiture qui est encore en excellent état de rouler, mais en plus, il évite l’investissement lourd dans l’acquisition d’un véhicule électrique. Effectivement, si le prix d’un rétrofit avoisine les 5000 euros, l’achat d’une nouvelle voiture électrique nécessite un budget démarrant à 15 000 euros.

Côté négatif, le rétrofit est encore un procédé trop novateur et les installateurs auront besoin de beaucoup de temps pour maîtriser l’adaptation. Autre point négatif : l’autonomie. Le rétrofit n’offre que 70 à 80 km d’autonomie en une seule charge. Certes, cela est suffisant pour le quotidien, car en moyenne en France, on ne dépasse pas les 40 km. Néanmoins, l’investissement est plutôt lourd au regard des profits réels générés.

Une prime au rétrofit électrique

Afin d’aider les automobilistes à financer le rétrofit de leur voiture, l’État a mis en place une prime à la conversion depuis le 1er juin 2020. Cette aide permet d’accéder à un montant entre 2500 et 5000 euros. Pour y être éligible, il faut être majeur et domicilié en France, faire appel à un professionnel habilité pour réaliser la transformation, avoir un véhicule depuis plus d’un an et ne pas le vendre dans les 6 mois après son acquisition. Un plafond au niveau du revenu fiscal de référence du demandeur est aussi à respecter. Notons que la prime à la conversion n’est pas uniquement valable pour les personnes physiques, mais reste aussi ouverte aux personnes morales.

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